Un petit détour

Gran Paradiso





Une première expérience en haute montagne !

12 juin 2019, 5h30 du matin, nous quittons Gap pour Chamonix. Rendez-vous à 10h30 sur le parking Montenvers pour rencontrer Greg, notre guide. Les kilomètres défilent, un petit arrêt pour déjeuner à mi-chemin et nous voilà arrivés vers 9h dans la capitale de l’alpinisme. On règle les derniers détails (location de chaussures) et on prend un deuxième café à côté du parking. Greg est au lieu de rendez-vous à 10h30 comme prévu. C’est l’heure de vérifier le matériel : vêtements chauds, piolets, crampons, chaussures, lunettes… Tout est en ordre. Notre guide nous informe que la météo sur le Gran Paradiso est clémente pour tenter le sommet dès le lendemain matin.

Carte interactive 3D de notre partenaire FATMAP – la plateforme d’aventure de plein air pour le web et le mobile

Sans plus attendre, on se met en route vers l’Italie, en passant par le tunnel du Mont Blanc. On rejoint donc la vallée d’Aoste et on s’engage sur les petites routes de montagnes pour atteindre le stationnement du village de Pont, point de départ de l’ascension. Peu de maisons et un endroit très sauvage. Vraiment paisible à cette période de l’année. Peu avant d’arriver, nous nous sommes arrêtés sur la route pour entrevoir au loin, dans le creux de deux montagnes, notre objectif, à 4061 mètre d’altitude. Le Gran Paradiso, Grand Paradis en français, est le plus haut sommet entièrement en Italie. Les italiens en sont très fiers. De plus, son ascension ne présente aucune difficulté technique, c’est donc parfait pour une première expérience en altitude.

Le Gran Paradiso est la plus haute montagne d’Italie dont le sommet se situe entièrement dans le pays !

Une fois stationné, on s’équipe. Les sacs à dos sont vite prêts et on va se chercher un panini au snack du coin avant de commencer notre randonnée jusqu’au refuge Vittorio Emanuele II, où nous passerons la nuit. Il faut environ deux heures pour parcourir les 5.2 km et gravir les 770 mètres de dénivelé qui nous séparent du refuge. Durant la montée, des bouquetins nous offrent un spectacle d’acrobatie sur les falaises rocheuses. 20 minutes avant notre arrivée, le sentier rocheux laisse place à la neige. Et cette dernière ne nous quittera plus pour les prochains 24 heures.

Finalement on atteint le refuge, à 2735 mètres d’altitude. Un drôle de bâtiment à vrai dire, un demi dôme avec un toit en métal et des façade en bois. Il y a pas mal de monde, les derniers jours de mauvais temps ont limité les opportunités d’aller en haute montagne. À la première fenêtre de beau temps, il y a foule. Le guide nous indique qu’il y aura bien plus de monde durant les mois de juillet et août, la « pleine saison ».

Une nuit au cœur de la montagne au refuge Vittorio Emanuele II.

On obtient une chambre dortoir assez étroite avec deux lits superposés en bois. Très bien pour la courte nuit qui nous attend. La fin d’après midi est reposante, une petite bière en terrasse avec vue sur le glacier. Arrive l’heure du souper, à l’italienne ! Des pâtes, une viande, des légumes, un dessert et une tisane. Vers 20h on part se coucher, le glacier est déjà dans la pénombre. Les batteries d’appareil photo sont en charge, les vêtements de neige sont sortis. On est prêts.

Le réveil retentit à 4h30 du matin. On s’habille sans dire un mot et on se rejoint dans la salle à manger. Café tartine confiture. On mange autant que l’on peut, à une heure aussi matinale. L’excitation et l’appréhension commencent à se faire ressentir en voyant les premiers gars cramponner leurs chaussures, enfiler leurs manteaux en Goretex et sortir du refuge, la lampe frontale allumée. On fait la même chose et sommes dehors vers 5h30. C’est parti.

En route pour le sommet du Gran Paradiso !

Les premières lueurs du jour nous guident et les lampes restent éteintes. Il ne fait pas très froid. Nous suivons les traces des premiers marcheurs de la journée. Ca commence rapidement à grimper. Il y a beaucoup de neige, ce qui permet de prendre des raccourcis inaccessibles en plein été (pierriers). Après environ 1h30 de marche, on fait une première pause : Une gorgée de thé chaud , une barre de chocolat puis on revêt l’équipement technique. Casque, crampons, encordement… Ça devient sérieux. Greg nous indique que l’on pénètre sur le glacier et nous donne des instructions.

Nous sommes déjà à 3160 mètres d’altitude et le froid commence à se faire ressentir. On continue à marcher : 3300, 3400, 3500, 3600 mètres d’altitude… Le vent est de plus en plus fort. La neige est dure et les pic rocheux gelés nous entours. C’est vraiment magnifique. On ne fait que de très courtes pauses. Passé 3800, ça ralentie et on s’essouffle plus rapidement. L’altitude ne fait pas de cadeau et on se sent de plus en plus fatigué au rythme des mètres gravis. On voit au loin le sommet avec la statue de la Madonna. Elle parait si proche et si éloignée en même temps. 3950 mètres, nous arrivons proche de l’arête rocheuse qui mène au sommet. Il y a du vent et il fait froid. Il est 10h du matin et le glacier n’est toujours pas ensoleillé.

L’arête qui mène au sommet est très impressionnante !

Proche de l’arête, le doute s’installe. Nous voyons les marcheurs devant nous grimper sur les bords exposés. Yannick et Jean se regardent… « On peut s’arrêter là Greg, pas certain de vouloir faire ça ! ». Greg ne veut rien entendre et nous jette « je vous ai pas emmené jusqu’ici pour ne pas atteindre le sommet 50 mètres plus haut ».

On lâche les bâtons de marche et récupérons les piolets. La corde passe sur les crochets installés sur la roche (queues de cochon) et nous parcourons les derniers mètres, à flanc de falaise qui nous mènent au sommet. On ne fait pas les malins ! L’altitude, le vent, la glace et la roche nous intimident.

4061 mètres, un vrai sommet des Alpes !

Finalement, après quelques minutes, Greg nous issent sur le dernier ressaut et nous voilà avec la vierge, toute gelée. On s’assoit et on savoure. 4061 mètres d’altitude, un vrai sommet des Alpes. On contemple d’ailleurs ces dernières comme nul part ailleurs : le Mont Blanc, les Ecrins, le Mont Rose, le Cervin et j’en passe. Tout y est ! Greg nous prend en photo. Jean est à bout de souffle, très fatigué. Le guide le rassure et lui dit que 400 mètres plus bas, il regagnera son énergie. On ne reste pas longtemps, il faut laisser la place aux suivants.

Depuis le Gran Paradiso, une vue sur le massif des Alpes comme nul part ailleurs !

La descente de la crête rocheuse est très impressionnante. On a beau être encordés, ça prend aux tripes. On rejoint ensuite le glacier après avoir slalomé avec les autres grimpeurs. On récupère les bâtons et on descend. Nettement plus rapide. Arrivé à 3600, Jean a retrouvé son énergie et une fois le glacier quitté, il descend sur les fesses avec Yannick.

On rejoint le refuge vers midi. On se repose une petite heure puis on redescend jusqu’au stationnement que l’on atteint vers 14/15h. Quel plaisir de quitter ses chaussures d’alpinisme. On se prend un panini au snack et on reprend la route vers Chamonix. On voit encore au loin la pointe du sommet, où l’on été 4-5h auparavant. Ça paraît irréel. Yannick s’endort rapidement dans la voiture. On arrive à Chamonix en milieu d’après-midi. On prend une douche à l’hôtel, on profite de la piscine avec une vue sur le Mont Blanc et on sort boire une bonne bière bien mérité pour célébrer cette aventure ! On s’endort le soir avec des images plein la tête…

Si vous souhaitez un guide hors pair pour vos virées dans les Alpes, nous recommandons Greg sans hésiter. Contactez-nous pour avoir ses coordonnées !

À SAVOIR


Intérêt

Difficulté

Distance

Environ 20.5 km / 12.74 miles

Durée

2 jours

Altitude

4061 mètres / 13323 feet

Dénivelé

Environ 2101 mètres / 6893 feet

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